Il y a bio et bio
En 2006, je venais tout juste de découvrir le monde du bio. J'étais donc à la recherche de marques si possible françaises pour me familiariser avec les produits naturels. Au début, comme pour tout et tout le monde, je tâtonne un peu.
Je me renseignait à droite, à gauche, heureusement qu'il y avait internet (en plein essor) avec une mine d'information phénoménale. J'ai lu énormément et tous les jours. Mais comme on dit aussi, trop d'information tue l'information, donc il faut encore plus investiguer...
- m'étais inscrite en 2007 pour être membre de FemininBio, 1er magazine féminin bien-être, bio et écolo. A l'époque, il y avait un forum animé par des expertes comme Sylvie Hampikian alias Sylviebio, docteur vétérinaire et experte pharmaco-toxicologue ; comme Isabelle Delannoy, ingénieur agronome, auteur et conseillère en développement durable, fondatrice du concept d'économie symbiotique... et aussi certaines blogueuses expérimentées du bio.
On posait beaucoup de questions puisqu'il y avait beaucoup de spécialistes et on était sûr d'avoir de bonnes réponses et solutions...
On échangeait nos recettes, trucs et astuces, avis sur les produits...
On partageait nos expériences. J'avais à ce sujet fait tout un laïus sur la coloration végétale pour les brunes, que cela fonctionnait avec quelques astuces et étapes (expérience faite sur ma maman). Etais très contente d'avoir pu aider un autre membre (Clara) :
- j'échangeais avec les blogueuses pionnières du bio et me suis mise moi aussi à créer mon blog pour mieux vivre l'expérience ; c'était et c'est vraiment très enrichissant.
Par contre, contrairement à elles, je ne m'étais pas lancée dans des cosmétiques fait maison très sophistiqués. J'ai découvert aussi le minimalisme et n'avais pas envie de me retrouver avec un placard rempli de matières premières et d'accessoires pour élaborer des potions maison compliquées.
D'ailleurs, me souviens, que durant quelques temps, je ne savais pas si je devais acheter le bol chauffant cosmétique (pour faire fondre beurres végétales, phases grasses ou cires) ; si je l'achetais, il fallait aussi tous les accessoires qui allaient avec (spatules, fouets, récipients... de différentes tailles...). Cela dit, j'avais déjà commencé par acheter des flacons en tout genre et des lunettes de protection...
Puis finalement, Dominique Loreau, dans un de ses bouquins, a dit que pour elle, cela ne correspondait pas à sa manière de vivre (plus simple, minimaliste). C'est ce que je pensais et recherchais aussi et grâce à elle, je n'ai plus eu de doute.
- c'était aussi la mode de taguer un blog ; en ce qui me concerne, c'était plutôt me faire taguer par la blogosphère car je ne connaissais pas du tout cette action en 2009 :)
Les blogueuses expertes et pionnières du bio
L'Atelier des Elfes de Cécile, coiffeuse spécialisée en végétal (depuis 2009
Baume au coeur de MarieJoe (depuis 2006) qui entre temps, a déménagé son site en changeant en Faites Maison.
Les Tambouilles de Cakofonie de Caroline (depuis 2007)
Un Amour de cosm'Ethique de Médusania (depuis 2008)
Le Grimoire (depuis 2006)
Les Lys blancs de Vénus (depuis 2006)
Label Blue (depuis 2005)
Le Grand Ménage de Raffa (depuis 2005), Spécialiste, entre autres, des produits de ménage maison
C'est plutôt bizarre le nombre de blogs créés entre 2005 et 2007 que j'ai cotoyés. On dirait que l'on s'était plus ou moins donné rendez-vous. Je n'arrive pas à y croire, depuis tous ce temps, viens seulement de le remarquer.
Composants bio controversés
Quand j'ai commencé à utiliser des produits bio, en particulier les cosmétiques, j'ai appris très vite à déchiffrer la composition INCI des produits de beauté. Et j'ai très vite compris qu'il y avait bio et bio.
Par exemple, que l'ammonium lauryl sulfate (ALS), des tensio-actifs, sont autorisés dans les cahiers des charges de la cosmétique bio bien que reconnu comme irritant cutané.
Que le dioxyde de titane, un additif alimentaire connu sous le code E171 (= nanoparticules), est aussi autorisé dans les chartes bio (BDIH, Cosmébio, Ecocert, NaTrue...). Malheureusement, il se trouve aussi à peu près partout : bonbons, gâteaux, plats préparés... Interdit depuis le 1/01/2020 dans les produits agro-alimentaires mais reste autorisé dans d'autres produits du quotidien même bio (dentifrice, crème solaire...).
Cet additif pourrait présenter un risque pour la santé (cancérogène) surtout sous forme de nanoparticules dans les crèmes.
Que quelques ingrédients de synthèse (un maximum de 5% dont la plupart sont des conservateurs) sont autorisés dans les cosmétiques bio.
Bio avec une démarche sociale et environnementale
J'évite si possible d'acheter des produits bio venant du bout du monde. Je n'ai vraiment pas confiance et en plus ce n'est pas du tout écologique, éco-responsable. D'autant plus que j'ai appris dans un reportage qu'il y a des certificateurs corrompus, donc de bio n'a que le nom sur l'étiquette... et donc mes doutes étaient bien confirmés.
J'évite également les avocats "or vert" du Mexique (souvent contrôlé par des cartels de la drogue) et les citrons verts venant du Brésil. Je ne consomme plus du tout de cœur de palmier.
Sur certains produits comme l'huile et le miel bio, on peut lire sur l'étiquette en tout petit la mention "d'origine EU et hors EU" ?! C'est pourquoi, je préfère privilégier les produits locaux ou du moins qui soient dans l'Union Européenne...
Et puis il y a des produits bio contenant de l'huile de palme soit disant aussi bio. Est-ce qu'il y a des contrôles réguliers là où c'est produit !?! Par qui ? Et les sous-traitants des sous-traitants ?
C'est comme pour la production du coton...
Ou encore la fabrication de vêtement au Bangladesh par les grands enseignes et marques : en 2013, 1130 personnes sont morts dans l'effondrement d'un atelier de confection dans lequel ils travaillaient, sans parler des milliers de blessés.
Ce drame avait mis en lumière la face sombre de la sous-traitance illégale ou pas. Faut-il croire en la bonne foi des sous-traitants sous-traitant des sous-traitants ?
Qui peut le confirmer ? Il y a bien des certificateurs des labels bio corrompus, alors...
Etant consommatrice, j'essaie aussi de faire attention aux entreprises qui mettent en place une démarche de RSE / RSO (Responsabilité Sociétale des Entreprises ou des Organisations).
Attention nuance : ne pas confondre vegan, cruelty free et bio !
Exemples
- les marques certifiées Vegan Society : ce label ne garantit pas l’absence de tests sur les animaux sur les marchés étrangers !
- aux marques certifiées Cruelty Free de la Peta : ce label ne garantit pas d'ingrédients bio vegan
- les marques certifiées Cruelty Free International (Leaping Bunny) : ce label ne garantit pas l'absence d’ingrédients d’origine animale dans le produit
- ...
Cruelty free
Après, il y a aussi ces marques bio historiques car créées entre 1970 et 1990 rachetées par de grands groupes... qui testent sur les animaux.
Faire également attention aux marques "cruelty free" mais appartenant à un groupe qui teste sur les animaux.
1970
Sanoflore créée en 1970 rachetée par L'Oréal en 2006
1972
Phyt's fondée en 1972 se dit Cruelty free mais s'implante en Chine, pays où les tests sur les animaux sont obligatoires ; heureusement que je n'utilise plus cette marque depuis bien longtemps.
1978
Logona créée en 1978 rachetée par L'Oréal en 2018
1983
Melvita créée en 1983 rachetée par L'Occitane (Erborian) en 2008
1993
Sante Naturkosmetic créée en 1993 rachetée par L’Oréal en 2018
1995
Terre d'Oc créée en 1995 rachetée par Yves Rocher
2000
REN Skincare créée en 2000 rachetée par Unilever (Axe, Dove, signal, rexona, lipton...) en 2015
2005-2013
Kibio, créée en 2005, reprise par Clarins en 2010 disparaît définitivement en 2013.
2007-2011
Ligne de soin bio "Care by Stella McCarthney" (Yves Saint Laurent) créée en 2007 mais malheureusement a pris fin en 2011.
2008-2017
Yves Rocher lance sa première gamme de soins certifiés bio en 2008 puis les produits ont disparu "mystérieusement" des magasins fin 2016 !
La démocratisation des cosmétiques bio
Le côté positif
Je faisais partie de celles qui ont été déçue par tous ces rachats mais finalement grâce à Anne Ghesquière, Fondatrice de FemininBio, j'ai revu mon jugement.
Elle a raison de dire que finalement, c'est aussi une bonne chose que les cosmétiques bio se "démocratisent", pour que tout le monde puisse en profiter et pas uniquement les aficionados du naturel.
Par Anne Ghesquière, Fondatrice de FemininBio
"On le sait, les cosmétiques bio ont le vent en poupe depuis quelques années. Après le rachat en 2006 de Sanoflore, fleuron français de la cosmétique bio par L’Oréal, puis de Kibio par le groupe Clarins et de Terre d’Oc par Yves Rocher, voilà maintenant le tour de Melvita qui voit entrer majoritairement l’Occitane à son capital. Rappelons que Melvita, créé en 1983 en Ardèche fait partie des marques historiques de la cosmétique bio, bien connue des aficionados des magasins bio.
Si certaines d’entre nous s’offusquent de ces rachats par le ‘grand capitalisme’, d’autres (dont je suis) y voient enfin la démocratisation d’un marché resté trop longtemps l’apanage d’un cercle restreint de personnes qui ont la chance d'être bien informées (dont je suis !). Les cosmétiques bio sont meilleurs pour notre peau, notre santé et notre environnement alors ils se doivent d’être accessible à tous. Et cela passe nécessairement par une ouverture de ce marché qu’on le veuille ou non. Appelons néanmoins les dirigeants de ces grands groupes à préserver cet esprit d’enthousiasme et de passion pour la botanique qui a animé les créateurs de ces marques de cosmétiques bio de la première heure !"








Commentaires
Enregistrer un commentaire